Basilique Sainte-Anne de Varennes




L’église actuelle est de style romano-byzantin. Plusieurs éléments relèvent du style roman tels le plan en forme de croix, la voûte de la nef centrale renforcée par un arc saillant, et les portraits arrondis, formés par des arcs concentriques, soutenus par des colonnes appuyées au mur. D’autres éléments, comme les coupoles surpentifs ainsi que les arcades de la nef, appuyées sur une colonne, relèvent plutôt du style byzantin. Le revêtement extérieur est fait de pierre taillée et le toit est de tôle, tout comme le revêtement des deux clochers.

Cette église fut construite de 1884 à 1889, selon des plans dessinés par les architectes Mesnard et Perreault, sous la direction des entrepreneurs Martineau et Fauteux. Celle-ci remplaça l’église précédente qui avait été jugée impropre au culte pour diverses raisons qui n’ont toutefois jamais été mentionnées. Cette somptueuse église est riche des oeuvres de François Beaucourt, premier peintre canadien couronné à Paris, et de Guido Nincheri. De plus, quatre des meilleurs artisans de l’École montréalaise y ont exercé leurs talents soit; Antoine Cirier, Phillipe Hébert, Louis Quévillon et Urbain Brien dit Desrochers.

À l’automne 1887, on suspend les tableaux de l’ancienne église dans la nouvelle, on installe le maître autel, le baldaquin, les fonts baptismaux et la chaire, tous sculptés par Félix Mesnard.  La façade sera ornée des statues de Sainte-Anne, de St-Pierre, et de St-Paul. Octave Pelletier, organiste à la cathédrale de Montréal, est même venu jouer sur l’orgue Casavant de la basilique lors de l’ouverture officielle le 10 novembre 1887. À cet effet, l’orgue Casavant sur lequel a joué M. Pelletier fonctionne toujours aujourd`hui. Quelques mois plus tard, en juin 1888, Mgr Charles-Édouard Fabre, archevêque de Montréal, et Mgr Isidore Clut o.m.i., évêque missionnaire du Nord-Ouest, venaient consacrer le nouveau temple, l’autel et bénissaient le carillon.

Plus récemment en 1979, la Société Radio-Canada télédiffuse les cérémonies du dimanche des Rameaux, qui eurent lieu à l’église Sainte-Anne de Varennes. L’année suivante, la Messe de minuit est célébrée à Varennes et diffusée en direct, via satellite, à travers tout le Canada et l’Europe.  L’événement, une première mondiale en raison de sa présentation hors du Vatican, attira un auditoire d’environ trente millions de téléspectateurs. Le point culminant de l’histoire religieuse de la Paroisse de Varennes fut atteint en 1993, lorsque le pape Jean-Paul II coiffa l’actuelle église du titre de basilique mineure, par un bref pontifical.

Première église (1692-1718)

Il semblerait que la première église de Varennes, petite église campagnarde, aurait eu de basses murailles et une abside de forme arrondie.  À la façade, la grande porte à deux battant aurait été surmontée d’une petite niche et d’un oeil-de-boeuf, puis le clocher, orné d’une seule lanterne, venait s’asseoir sur le pignon de la toiture. Nous ne croyons pas que cette église ait eu de particularité, puisque les églises de l’époque étaient bâties selon le même style, et par les mêmes ouvriers, presque partout en Nouvelle-France. La véritable fin de cette chapelle demeure encore incertaine : a-t-elle été démolie ou abandonnée? L’histoire raconte qu’elle servit d’église jusqu’en 1718, année de construction de sa remplaçante.


Seconde église (1718-1780)

En 1707, Madame de Varennes, veuve de René-Gaultier de Varennes, fait don d’un terrain de trois arpents pour l’emplacement futur d’une église, d’un presbytère et d’un cimetière. C’est le curé Volant de St-Claude, en 1718, qui décide de construire une nouvelle église. La population de la seigneurie ayant pratiquement triplé depuis 1692, il devenait urgent alors d’ériger une église répondant adéquatement aux besoins des paroissiens.

En mai 1718, les travaux de la deuxième église débutèrent sous les directives de Pierre et Christophe Janson-Lapalme, maçons.  La pierre angulaire fut alors bénite.  Le curé de St-Claude y fut inhumé l’année suivante. Le temple fut dédié à Sainte-Anne et abrita le fameux tableau miraculeux de la patronne.  En 1730, l’église ne possédait aucune ornementation: le curé Paul-Armand Ulric confie alors la réalisation du retable au renommé sculpteur montréalais Paul Jourdain dit Labrosse.  L’artiste mit onze ans, soit de 1730 à 1741, pour compléter son oeuvre, laquelle n’existe plus aujourd’hui.

En 1760, durant la guerre de la conquête, Bourlamaque avait dépêché cinq mille soldats français sur le territoire de Varennes, dans le but d’arrêter, sinon de ralentir l’avance des Britanniques. Le 31 août, les Anglais établissent leurs quartiers dans l’église après avoir remporté une difficile victoire sur les troupes françaises. Les toupes Anglaises y s’éjournèrent jusqu’au 3 septembre. Apparemment, le temple ne subit guère de dégâts. En 1773, il fut question d’agrandissement, mais il n’y eut jamais d’annexe.


Troisième église (1780-1884)




Pendant les années qui suivirent, le curé Duburon, architecte à ses heures, rêvait d’une magnifique église qui ferait la renommée de Varennes. Il dessina des plans, et en 1779, Joseph Morin fut engagé en tant que maître-maçon, ainsi que Joseph Latour comme entrepreneur-charpentier.  Dès lors, les travaux furent entrepris et ceux-ci se terminèrent en 1780.  C’était une grande église en pierre des champs, possédant deux clochers à deux lanternes, chacun en façade et un troisième sur la coiffe de l’abside,  le toit était aussi percé de lucarnes. Elle fut même qualifiée de « la plus belle et la plus riche de la Nouvelle-France pour son époque 1 , par Jacques Viger, archéologue.

L’intérieur de l’église a été réalisé par les quatre plus grands sculpteurs montréalais de l’époque soit Antoine Cirier, Philippe Liébert, Louis Quévillon et Urbain Brien dit Desrochers. L’intérieur du temple présentait une concordance de styles, malgré les styles différents des sculpteurs qui avaient oeuvré dans des domaines distincts.

En 1785, l’édifice était fin prêt à recevoir les sculptures et les ornements.  Plusieurs objets en argent massif y furent installés, des toiles de François Beaucourt et de Jean-Baptiste Roy-Audy y furent accrochées ainsi que des sculptures de bois. Et comme l’a écrit Viger « Et dès lors, elle était la plus riche par ses argenteries, ses ornements de drap d’or et autres étoffes précieuses, tout cela dû au zèle de M. Deguise 2 . Quant aux clochers, la paroisse ne possédait qu’une petite cloche de 75 livres.  Alors le curé en commanda une de 650 livres à la fonderie londonienne Mears en 1792.  Ne pouvant résister au majestueux son du carillon, il passe commande, en 1828, de cinq autres cloches à la même maison; celles-ci arrivent dix ans après, en 1834. Malheureusement, entre temps, en 1798, un violent ouragan emprunta le corridor du St-Laurent et renversa les deux clochers, en ménageant toutefois les tours qui les supportaient.  S’impose donc une reconstruction des clochers : appréhendant un nouvel incident, on ne construit qu’une lanterne sur chacun. La paroisse dota aussi la merveilleuse église en 1880, d’une orgue provenant de Londres au coût de 7000 livres.  En raison des coûts élevés d’entretien de l’instrument, les paroissiens devaient participer financièrement à l’entretien de l’orgue.

La population varennoise s’accroissant considérablement et l’église ne parvenant plus à loger tous les paroissiens, il faut ajouter des bancs.  Il est donc décidé par le curé Primeau et la Fabrique d’effectuer un agrandissement. Le célèbre architecte Victor Bourgeau, qui réalisera les plans de la deuxième chapelle Sainte-Anne en 1862, fut choisi pour planifier les travaux. L’agrandissement consiste essentiellement à construire des bas-côtés de part et d’autre de la nef, complément normal de l’église.  Au fil des ans, plusieurs réparations s’avèrent nécessaires.  En 1879, les gens décident de construire une autre église. Quatre ans plus tard, les plans de la quatrième église sont terminés.  Vint alors la construction rapide d’une bâtisse en bois, qui servira aux messes pendant la destruction de la troisième église de Varennes et la construction de la basilique actuelle.

 


1.  Gérard Morrisset, Les églises et le trésors de Varennes, Collection Champlain, 1943, p.21
2.  IDEM, p.21

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