Collège St-Paul





Le Collège Saint-Paul est un édifice historique à Varennes. En effet, le passé de cette institution scolaire remonte jusqu’en 1834, le 3 février: à cette date, monsieur François Deguise, ancien curé de la paroisse et citoyen du village, lègue un terrain -le lot #86- à Monseigneur Jean Lartigue, l’évêque de Montréal de l’époque.

Puis, le 21 mai 1835, le prélat lègue l’ensemble de ses biens à l’évêque coadjuteur de Montréal, Monseigneur Bourget. Ce dernier demande la venue de congrégations religieuses à Varennes pour y assurer l’enseignement. Le 15 novembre 1854, des Frères Joséphites arrivent au village. Le curé Primeau les installe dans la «grande maison d’école», sise sur la rue Sainte-Anne à l’angle de d'Youville.

Quelques mois plus tard, soit le 10 mai 1855, Monseigneur Bourget vend «ses terres» à la Fabrique de la paroisse de Varennes, sous la gouverne du curé Désautels, étant convaincu que son lot ne lui était d’aucune utilité. Mais il pose une condition, celle de construire une école sur cette  ancienne pépinière. L’érection du collège est alors amorcée et, au début de l’automne 1857, le Collège Industriel est officiellement inauguré. Parmi les notables présents à la cérémonie, Georges-Étienne Cartier, le procureur général du Canada, ainsi qu’Olivier Chauveau, surintendant à l’instruction publique.

La direction du Collège, qui avait été confiée aux Frères Saint-Joseph de Montréal, connait quelques difficultés vers 1860, alors que des plaintes sont portées contre eux.  Le 24 septembre, le curé Désautels faisait donation du Collège à la Fabrique pour "faire cesser tout doute sur ses intentions vis-à-vis de ses paroissiens"1 à propos de son refus d’effectuer une enquête sur ces accusations.  Et, les Frères de Saint-Joseph quittaient Varennes le 12 septembre 1862 en raison de la déposition du rapport des commissaires.

Quelques mois plus tard, Mgr Paul Bourget demandait aux Sulpiciens, qui dirigeaient le Collège de l’Assomption, de venir illico presto prendre la direction du Collège Industriel.  Pendant six années consécutives, de 1863 à 1869, les prêtres effectuaient le trajet L’Assomption-Varennes en chaloupe, toutes les fins de semaine.

En 1869, des prêtres séculiers prennaient en charge la direction de l’institution scolaire, pour les trente années qui suivirent leur arrivée à Varennes.  À la mort du curé Théberge, en 1899, les enseignants ecclésiastiques s’en allaient définitivement du Collège Commercial de Varennes, reconnu de cette manière "par chartre d’incorporation" 2 depuis 1882.

C’est alors que Son Excellence Mgr Bruchési, archevêque de Montréal et ancien élève des Frères des Écoles chrétiennes, entra en négociations avec ceux-ci, afin de redorer le blason du Collège.  Donc, en août 1899, le frère Olippius arrivait au village avec six de ses confrères religieux et ils prenaient la tête de l’établissement.  Un des premiers accomplissements des religieux fut de donner à cette école le nom de Collège commercial Saint-Paul, "cela pour marquer la part personnelle qui revenait à Mgr Paul Bruchési" 3 .

Pendant les deux années suivantes, le Collège eut beaucoup de succès auprès de la population et les résultats scolaires des élèves connurent une remarquable amélioration, tellement que la Fabrique, qui était encore propriétaire de l’institution, fit une donation aux Frères des Écoles chrétiennes du Collège et du lot no. 86, le 6 août 1901.

Depuis cette prise de possession, plusieurs modifications ont transformé l’allure tant intérieure qu’extérieure de l’établissement. Le frère Bouffard décrit bien les multiples modifications annexé au bâtiment: "Presque tous les murs intérieurs ont connu des déplacements ou des rajeunissements. L’apparence extérieure est demeurée la même en ce qui concerne le corps principal de l’édifice.  Toutefois, l’érection d’une allonge à toit plat, l’addition d’une aile en 1924, un incendie, la construction d’une salle à l’extrémité ouest en 1953, dite "Bonaventure", en ont un peu modifié l’aspect au cours des ans.  En 1973, huit classes préfabriquées et un gymnase ont été ajoutés; en 1976, huit classes-laboratoires ont complété les améliorations matérielles nécessaires aux exigences du Ministère de l’Éducation du Québec".

Dans les années ‘80, augmentation de la clientèle oblige, une nouvelle aile fut construite à l’extrémité sud, et, en 1995, ce fut le tour de la construction d’un gymnase double, annexé au bâtiment.  Le Collège Saint-Paul a conservé, malgré son ancienneté, le corps principal original.  La plus vieille section de l’école est en brique rouge, le toit en mansarde à quatre versants, recouvert de tôle bosselée.  La toiture est percée de nombreuses lucarnes à fronton et de deux petites de style victorien rond sur le toit, et il reste encore du style architectural des écoles de l’époque, le fameux clocher ainsi que la cloche.

Le Collège était, autrefois, strictement réservé aux garçons, externes et pensionnaires.  Au fil des ans, l’école a offert le cours commercial, le cours classique, la classes  d’affaires, le cours élémentaire et, maintenant, le cours secondaire régulier autant aux demoiselles qu’aux messieurs.

 


1.  Doris, Hormann. Varennes 1672-1972, Comité du tricentenaire de Varennes, 1972, p.281
2.  Frère Bouffard, 125e anniversaire de l'amicale du Collège St-Paul, Collège St-Paul, 1979, p.31
3.  Idem, p.33

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